Témoignages

L'expatriation par ceux qui l'ont vécue.

Cette crise sanitaire est-elle une crise de soi ?


Les premières semaines de confinement, je me suis sentie désorientée. Brusquement la routine était interrompue. Je n’avais plus le droit de retourner dans le foyer dans lequel je faisais un stage. Je ne pouvais plus aider les enfants qui y logeaient, j’étais devenue à l’inverse un risque potentiel, un danger malgré moi. J’ai rapatrié ma fille qui étudie loin, tandis que mon fils a poursuivi son lycée depuis sa chambre. Nous nous sommes réfugiés dans notre nid.

Quand le confinement sépare les familles

Une partie de la famille en Europe, l’autre en Asie ou en Afrique… Pour les familles expatriées, voir les différents membres de la famille répartis sur plusieurs pays, voire continents, est chose commune, notamment lorsque les enfants commencent à quitter le nid familial pour aller faire leurs études. Mais, avec la crise du COVID-19, la séparation a gagné un caractère imposé, amenant des familles à ne plus se voir et ce pour une période indéterminée. 

Deuil en expat : quand on ne peut pas se rendre aux obsèques


La distance fait partie de l'expatriation. Mais quand les choses tournent mal, cette distance peut devenir plus difficile à vivre et à accepter. Rajoutons le blocage mondial imposé par l’épidémie de Covid-19 : plus aucun avion pour réduire cette distance, et les retrouvailles avec ses proches deviennent tout simplement impossible.

Partir ou rester ? Un choix cornélien face au Covid-19

Les expatriés vivant en Afrique commencent à montrer des signes d’inquiétude. Si le continent est encore, officiellement, faiblement atteint, son système de santé n’est souvent pas adapté pour affronter la maladie. Partir ou rester, c’est la grande question que se posent, aujourd’hui, bon nombre des patients expatriés que je reçois, d’autant que la riposte à la pandémie ne prend pas la même forme d’un pays à l’autre. Partir et se rapprocher des siens (sans pouvoir les atteindre souvent), ou rester au risque de devoir possiblement affronter un climat anti-étrangers et l’aléa sanitaire de pays aux systèmes de soins très fragiles. 

Le confinement, une opportunité pour apprendre autrement ?

J'ai envie de réagir aux nombreux posts que je vois passer ces derniers jours concernant l'instruction des enfants, dans lesquels transparaît la pression tout à fait compréhensible que ressentent les parents dans cette nouvelle situation si brutale et particulière. J'espère que mon témoignage pourra être utile.

L'instruction en famille, que nous pratiquons ici depuis 5 ans avec quatre enfants, m'a vraiment permis de prendre du recul et de déconstruire ce que nous avons tous appris à croire au sujet de la transmission et des apprentissages et qui conditionne nos attentes.

Puisqu'on est confiné, autant en profiter...

Quelques idées de ce qu'on pourrait faire seul ou en famille.

Dans ce temps de confinement indéterminé, nous pouvons rester dans notre coin et continuer à nous angoisser en regardant toutes les nouvelles sur le coronavirus, les mêmes, les blagues et les fake news ou, nous pouvons décider de faire quelque chose d'instructif et positif de notre temps, afin d'occuper l'esprit avec des activités qui nous intéressent une fois que nous maîtrisons l'art de jongler entre l'organisation de la maison, les devoirs des enfants et le boulot.

Damien : Ailleurs... Au désert.

Faire une pause, ce n’est pas toujours simple.
Surtout quand on habite loin de son pays.
Il y a toujours des arbitrages à faire.
Entre découvrir le pays d’accueil et puis retourner au pays.
Pourtant, dans un monde qui va de plus en plus vite,
Dans un monde hyperconnecté,
La pause s’impose
Pause pour ralentir.
Pause pause se retrouver.

Jérôme : papa solo au Costa Rica

"Avoir le temps de grandir avec mes enfants"

Nous sommes venus vivre au Costa Rica avec mes 3 jeunes garçons, il y a maintenant presque 4 ans.
Avec pour objectif de changer de vie, de changer de rythme au quotidien.

Nous avions la volonté d'offrir d'autres possibilités d'éducation et d'avenir à nos enfants. Nous voulions de la sérénité après 20 ans dans l'univers de la communication et de l'événementiel à Paris.
Nous voulions un autre rythme de vie.
Nous n'avions aucun plan mais beaucoup de volonté. Je dis nous car à cette période leur maman et moi étions toujours ensemble. Depuis, la vie et un divorce. Mais c’est une autre histoire…

Emilie : Super maman expat !

9h00. Je rentre. Ma journée de maman seule commence. Oui, 9h00, ce n’est pas le début de la journée, loin de là. Il a fallu se lever, se préparer, lever les enfants, nourrir toute la tribu, vérifier les mains et les dents, l’état de l’uniforme, préparer le lunch-pack, débarrasser la table, faire la vaisselle, un brin de toilette. Tu as perdu un gant ? Mais tu as marché dans la boue hier, regarde tes chaussures d’école ! Non, je ne sais pas où est ton écharpe. Mince, j’ai oublié de signer le mot pour la maîtresse ! Allez, vos vitamines, vos manteaux, on y va !

Cristina : quand les parents vieillissent...

"Maman, je culpabilise d'être loin de toi"

Mon mari m’annonce que son contrat a été renouvelé pour une durée de deux ans. « Champagne ! » La 1ère fois qu’on renouvelle un contrat, ça se fête ! Espagne : 2 ans, France : 2 ans, Suède : 2 ans, France, Angleterre : 1 an + 2 à venir, youpi ! Et pourtant cette nouvelle ne me fait pas sauter de joie. Moi le conjoint suiveur comme on dit. Usée de ces expatriations successives. D’être celle qui gère les adaptations et les crises des enfants. Avant j’aurais fêté ça : enfin ! On avait un peu plus de visibilité. De quoi retrouver un emploi, permettre aux enfants de construire des amitiés durables et moi aussi d’ailleurs ?! (...) Seule ombre au tableau : je ne me sens pas à ma place car mes parents restés en France ont besoin de moi.

Magdalena : Couple recomposé à l'étranger

Quand on redémarre une relation sentimentale après une séparation, avec une personne elle-même divorcée, on cherche à aménager deux histoires qui se sont élevées en parallèle, au travers d’une multitude d’expériences, de souvenirs plus ou moins heureux, de joies et de déceptions, et parfois d’enfants nés de ces unions. Quand, de surcroit, cette relation concerne une personne d’une autre nationalité, on rajoute le défi de différentes cultures, d’autres langues, d’habitudes distinctes et de traditions originales à combiner dans le couple.

Coralie : A porto Rico pendant l'ouragan !

Notre maison, c'est notre famille, mais pas seulement...

Notre famille vit depuis un peu plus de 3 ans à Puerto Rico.
Jusqu’à peu, lorsque les gens nous demandaient si nous y étions bien, nous avions toujours un peu de mal à répondre.
Oui, bien sûr, nous y sommes bien : le soleil, la mer, les gens et leur tempérament joyeux, la musique, les langues, et puis nous-mêmes évidemment, la famille.

Zita, Mexique

Je m'appelle Zita et suis maman d'une fille de 16 ans et d' un garçon de 20ans.

Nous vivons l'expatriation depuis 19 ans mon fils étant né à Londres et ma fille aux USA. Nous avons pendant ces 19 ans changé de pays tous les 3 ans en moyenne, Venezuela, USA, France, Dubai, Indonésie, Argentine et Mexique...

Marie-Aude : retour en France

Quand l'intérêt de la famille prime sur la carrière ...

Après plus de 7 ans d'expat (Madagascar, Laos, et un autre en Afrique), le 3e pays a provoqué le "Stop on va dans le mur", "Les enfants ! M ! Les enfants ne vont pas bien ! Et l'école n'est pas celle qui leur faut.... et moi et moi, un petit peu chéri, stp...

Cathy, multi-expatriée

Je suis la femme suiveuse...

Expats depuis 18 ans, (j'ai mis expats au pluriel ) parce que l'expatriation en famille, c'est pas seulement le conjoint qui est expatrié, c'est tous les membres de la famille.
Nous avons commencé l'aventure à deux dans un pays où je ne parlais pas la langue...

Séverine, Japon

Notre fille ne se plaisait pas en système français, où elle allait finir son primaire. Nous avions prévus de la basculer dans le système éducatif anglais pour son entrée en secondaire, car c’était une enfant qui avait “la bougeotte” et “ne rentrait pas dans le groupe”.
Ce retour sur Tokyo, en décembre 2011, tombait à pic.

Cathy, entre 2 expatriations

La première réaction sont les pleurs, toujours ; ensuite, on entre en action ...

Alors, nous, nous quittons la Malaisie pour Hong Kong .
4 ème expatriation pour mes enfants de 14,10 et 10 ans.

Quand on déménage on leur dit toujours qu'on ne sait pas pour combien de temps , mais on leur donne une vague idée, entre 2 et 5 ans (autrement c'est stressant de ne pas savoir si c'est pour toujours ou pour 3 mois...).

Isabelle, France

J’ai brisé un tabou...

En novembre dernier, j'ai créé un groupe Expats : séparées, divorcées. J'ai brisé un tabou, oui j'en suis consciente, parce que cela était vital pour moi et l'est pour de nombreuses femmes actuellement. Nous sommes actuellement plus d'une centaine. Notre grand dénominateur commun est que l'expatriation a/eu des incidences sur notre confiance en nous, estime de soi, encore plus si la femme ne travaille pas.

Stéphanie, "Une vie brisée"

Cela fait un moment que j'ai envie de soulever un tabou de l'expatriation ô combien tu et caché.


Derrière le package doré, vanté par tous les médias surtout ici en Asie, se cache une réalité bien plus cruelle, sordide et honteuse.