Les rituels familiaux, ces instants si précieux...

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Le choix des sujets de la newsletter familiale, la balade en vélo du samedi matin, le bricolage du dimanche après-midi, la mini-fête pour le retour du parent en déplacement professionnel, la confection des costumes d’Halloween, les films revus ensemble une fois par an, le même restaurant où l’on fête les évènements, les chansons reprises en chœur qui deviennent presque un hymne familial…

Si les rituels sont importants dans toutes les familles tant pour la cohésion que pour le développement des jeunes, ils jouent un rôle plus essentiel encore dans le cas de la famille expatriée. Celle-ci, éloignée de sa culture d’origine, doit faire face à des turbulences plus marquées que la famille sédentaire. Les déménagements, les changements de cultures, les phases d’adaptation, les adieux à répétitions, l’instabilité inhérente à la vie d’expatrié…sont autant d’éléments qui peuvent malmener cette cellule familiale très nucléaire, uniquement composée des parents et des enfants. La mise en place de rituels familiaux contribue ainsi à l’équilibre de chacun de ses membres.

Ces rituels sécurisent. En expatriation, la vie est continuellement soumise au mouvement. On part, d’autres partent, on arrive, d’autres arrivent,…l’une des caractéristiques de la vie d’expat est bien la mobilité, tant la sienne que celle de l’entourage. Les rituels familiaux, instaurent alors une forme de permanence dans cet environnement volatile. Même si tout bouge autour de nous, il existe ainsi des repères inamovibles qui développent un sentiment de sécurité, particulièrement chez les jeunes enfants.

Les rituels rassurent. Ils sont par nature récurrents ou bien répétés lors d’occasions spécifiques. Les enfants savent donc par avance comment va se passer tel ou tel évènement et les situent mieux dans le temps. Ils sont communs à la famille et impliquent la notion tacite de solidarité entre ses membres.

Ils renforcent le sentiment d’appartenance. Un rituel familial est souvent une activité à laquelle toute la famille prend part. Les enfants se sentent alors appartenir à ce groupe par la participation au rituel. Les liens se resserrent naturellement entre les membres de la famille. Un rituel en « binôme » renforcera aussi la relation. Lorsque les rituels sont typiquement familiaux (propres à la famille), les enfants les perçoivent comme une richesse. Cela leur donne une image positive de leur foyer. Les rituels aident ainsi votre enfant à construire son identité en l’intégrant à l’histoire familiale car ils sont sont des rendez-vous où chacun a son rôle à jouer.

Ils encouragent la communication. Les rituels familiaux sont souvent l’occasion de partage. On vit le même moment de la même façon. Ce n’est pas toujours le cas dans la vie quotidienne. La communication s’installe alors plus facilement lors des rituels mais aussi lors de leur évocation.

Ils rythment l’enfance et donnent de beaux souvenirs. Rituels ne signifiant pas routine, ils marquent durablement les évènements auxquels ils sont associés.

Les rituels sont un moyen de transmission des valeurs familiales et culturelles. Vivre loin de ses bases d’origines, dans un environnement culturel marqué par la différence, ou dans un environnement très multiculturel (dans le cas des scolarisations en écoles internationales par exemple), peut générer progressivement la perte de la culture d’origine. Etablir des rituels permet de restaurer certains éléments de cette culture originelle et de les intégrer au socle culturel. Par exemple fêter la Chandeleur avec une soirée crêpes en Hanoi, cacher des œufs dans le jardin pour Pâques à Dubaï ou fêter la musique le 21 juin au Pérou… C’est également un vecteur de transmission de la langue. L’histoire lue en français tous les soirs à l’enfant qui joue et étudie en anglais est un moyen d’associer la langue d’origine à un moment agréable et privilégié.

Les rituels permettent l’harmonisation des valeurs. Lorsqu’il y a un écart significatif entre la culture d’origine (familiale) et la culture du pays d’accueil, les enfants ont parfois du mal à réconcilier ces valeurs. Notamment en début de séjour ou lorsque l’enfant est immergé dans un milieu local (école locale), il peut être un peu perdu entre les codes à l’intérieur et l’extérieur de la cellule familiale. Mettre en place, en famille, certains rituels propres à la culture d’accueil permet aux enfants non seulement de s’ouvrir à cette culture, puisqu’ils ont l’aval implicite de leur parents, mais également de s’apercevoir que leur parents aussi y adhèrent.

Les familles expatriées se créent ainsi un ensemble de traditions familiales propres, souvent établies au gré des cultures traversées et associées aux valeurs d’origine qui lui semblent fondamentales.

Ces rituels familiaux sont un peu leur fil d’Ariane, qu’elles transportent dans leurs valises de destination en destination ou bien qu’elles adaptent tout au long de l’aventure familiale.

Et chez vous, quels sont les rituels ?


Ecrit pour Expats Parents par Cécile Gylbert, auteur du livre : "Les enfants expatriés, enfants de la Troisième Culture".
Site pro : http://www.geo-interculturel.com/fr/

Du même auteur : 
"Etre parent d'un enfant de la troisième culture"
"Les dérives du parent expatrié"

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