Etre parent d'un Enfant de la Troisième culture.

#parent , #tck , #etc , #enfant , #expatriation , #psychologie

Être parent d’ETC est un challenge. En tant qu’expatriés, surtout

pour ceux qui vivent des expatriations successives, il est important

de prendre conscience que nous élevons nos enfants

différemment d’enfants sédentaires ou monoculturels et que nos enfants

deviendront des Enfants de la Troisième Culture. Connaitre

leur profil, les défis qu’ils devront relever ainsi que leurs atouts, permet

de mieux les comprendre et de mieux les accompagner dans le

développement complexe de leur personnalité. Une famille informée

est une ressource inestimable pour les ETC.


Accepter que vos enfants soient différents

S’ils connaissent la notion de Troisième Culture, les parents seront

capables de comprendre et d’écouter sans jugement. Élever des

enfants qui ne ressemblent pas culturellement et socialement à leurs

parents demande de la patience et une grande ouverture d’esprit. Se

mettre à la place d’Enfants de la Troisième Culture est difficile pour

des parents expatriés. Eux aussi, ont étés modelés par des cultures différentes

et des environnements changeants au cours de leurs expatriations,

mais pas aussi profondément que des individus en pleine

construction de leur personnalité. En tant qu’adultes, à moins d’avoir

été soi-même ETC (et d’en avoir conscience), les parents ont une base

culturelle forte et stable qu’ils transmettent à leurs enfants. Un adulte

peut vivre vingt ans à l’étranger, traverser dix pays et rester français

dans ses valeurs profondes. Un ETC, lui, sera modelé par chaque culture

traversée. Il faut donc, en tant que parents, accepter que son (ses)

enfant(s) ne partage(nt) pas des valeurs identiques. Ou plutôt qu’il(s)

ai(ent) un éventail de valeurs plus large.


Identifier et résoudre les chagrins

Nous avons vu précédemment que la claire identification des

pertes et la résolution des chagrins sont des challenges pour les ETC.

En tant que parents, il est essentiel de les aider à nommer ces pertes

et à vivre pleinement ces chagrins, sans complexe. Faire le deuil

d’un environnement, des amis, d’une façon de vivre est douloureux.

Pour les Enfants de la Troisième Culture, ces séparations se répètent

et ne se ressemblent pas. Elles font partie intégrante de leur construction

psychologique et émotionnelle. Les aider à traverser ces

épreuves leur donnera pour l’avenir force et stabilité. Lors de

chaque départ, faire avec eux le tour de ce qu’ils laissent et essayer

d’identifier toutes ces petites choses du quotidien qui passent souvent

inaperçues, est pour eux une aide précieuse.


Pardonner et se faire pardonner

Les Enfants de la Troisième Culture dont les transitions ont été

difficiles ou mal gérées sont souvent en colère contre leurs parents.

Ils les voient comme responsables de leur déséquilibre intérieur et

leur en veulent profondément. Sans pour autant tomber dans la culpabilité,

il est important de reconnaitre que vous avez pris la décision

de ce mode de vie, que vous l’assumez et que, comme tout

parent, vous n’êtes pas parfait. Pardonnez à vos enfants leurs rancoeurs

et faites-vous pardonner en essayant de rétablir la confiance

mutuelle en leur expliquant vos choix.


Valoriser cette vie si riche en expériences

Si la vie des Enfants de la Troisième Culture est pleine de défis

à relever et d’épreuves à traverser, elle est avant tout une vie extraordinaire.

Pourtant, les bénéfices de ces parcours hors du commun

sont souvent banalisés par les parents. Après 10 ans d’expatriation,

on ne s’émerveille plus sur le multilinguisme de nos enfants et sur

leur ouverture d’esprit. Dans un environnement d’expatriés, on

trouve normal que les enfants connaissent plusieurs cultures et

soient à l’aise dans toutes sortes d’environnement.

Or, il est important d’encourager les sentiments de gratitude vis-àvis

de leur histoire et leur montrer les effets favorables de leur parcours.

Avant de pointer du doigt les difficultés auxquelles ils font face, soulignez

les aspects positifs de ce qu’ils ont gagné à vivre ainsi une enfance horsnorme.

Les ETC se rendent rarement compte des bénéfices qu’ils retirent

de leur vie d’expatriation car c’est bien souvent la seule qu’ils ont connue.

Les parents doivent être là pour mettre en valeur ces atouts.


Se faire aider

Lorsque le changement est mal vécu, les enfants ont parfois du mal

à formaliser leur mal-être et à déterminer les causes exactes de leurs angoisses.

Problèmes académiques, colère excessive, refus de communication,

dépression : pour les parents, il n’est pas toujours évident de

discerner une crise d’adolescence de troubles plus profonds. S’orienter

vers des thérapeutes compétents est alors une réponse qui peut être adaptée.

Toutefois, les difficultés liées à l’expatriation doivent être réellement

identifiées et prises en compte et il vaut mieux s’adresser à un (e) thérapeute

qui en connait les problématiques.


Cécile Gylbert "Les enfants expatriés, enfants de la Troisième Culture".