Papa craque, Maman craque : que faire quand notre enfant ne veut vraiment pas s'y mettre ?

#langues , #français
Le français, ça ne sert à rien !

Le français est une nécessité pour nous, parents expatriés. Nous n’imaginons pas que notre enfant ne puisse pas le parler, le lire et l’écrire. Mais force est de constater que notre enfant n’est pas toujours du même avis. Et pour certains, nous avons beau essayer de les convaincre, nous n’arrivons qu’à les bloquer un peu plus. « Ça ne me sert à rien, le français ! » Malgré toute notre patience, petit à petit, nous craquons. Alors les cours de français deviennent des heures de tortures autant pour nous que pour notre enfant. Vous reconnaissez-vous dans cette description ? Vivez-vous les mêmes choses ? Comment s’en sortir ?

 

Faire le point

Prenons une image de ce qu’il se passe à ce jour chez nous : notre enfant parle peut-être de plus en plus franglais avec nous. Peut-être lit-il très bien en une autre langue mais qu’il a beaucoup de difficultés en français ? Peut-être qu’il ne sait pas écrire en français ? Peut-être qu’il ne comprend pas les différences grammaticales entre le français et la langue dans laquelle il apprend ? Peut-être trouvons-nous que son vocabulaire laisse à désirer ? En faisant le point sur ce qu’il en est vraiment, nous mettons le doigt sur ce qu’il y a à améliorer. Mais je vous invite aussi à écrire ce qui va bien : votre enfant vous parle régulièrement en français ? C’est une bonne chose, non ? Dans certaines situations, c’est le français qui prévaut ? Par exemple, votre enfant joue en français avec ses frères et sœurs ? Parfait ! Notons-les !

Plus l’image que vous aurez de la situation sera nette, juste et précise, plus vous aurez de pistes pour améliorer le français.

 

Les trois axes à prendre en compte

Posons-nous les bonnes questions ! Pourquoi, tout d’abord, le français est-il important à nos yeux ? Ensuite quels sont les objectifs que nous voyons pour notre enfant dans six mois ? Plus vous décrirez précisément ce but à atteindre, plus vous aurez une piste claire sur les actions à poser ! Enfin une question essentielle mais souvent oubliée : que voudrions-nous construire avec notre enfant pour que le français soit intégré le plus naturellement possible dans notre vie quotidienne ? J’entends par là comment pourraient se passer les cours de français avec notre enfant ? Est-ce que nous, parents, avons envie de nous impliquer ? Ne faisons-nous pas ce choix par obligation ? Comment faire pour alléger cette contrainte ?

Pour résumé, il y a trois axes à prendre en compte : les raisons qui poussent à apprendre ou à maintenir le français, le but que nous souhaiterions que notre enfant atteigne et la manière de vivre ces cours autant pour nous, parents, que pour notre enfant, au jour le jour.

 

Définir le problème

Notre enfant freine des quatre fers lorsqu’il entend parler de cours de français ! Avant de nous acharner pour le faire avancer, lâchons un peu de mou, histoire de comprendre ce qu’il se passe. Écoutons réellement ce qu’il a à dire, sans juger. Essayons de comprendre son point de vue. Plus nous aurons conscience de ce qu’il vit, de ce qu’il comprend, de ce qu’il interprète, plus nous pourrons l’aider. En relâchant la pression, nous ouvrons le dialogue.

 

Une solution ? Non ! Des solutions, oui !

Ouvrir l’éventail des solutions permet de voir en chacune les avantages et les défauts. La solution idéale n’existe peut-être pas, mais on peut s’en rapprocher ! Par ailleurs, une solution est d’abord à essayer. Ça ne marche pas ? En analysant d’où vient le problème (charge de travail trop lourde, pas assez ludique, dates de rendus trop contraignantes…), il est alors facile de rechercher autre chose avec de nouveaux critères. Et ne croyez pas que la recette qui a marché pour la bonne copine va obligatoirement marcher pour vous ! Prenez les bonnes idées mais adaptez-les le plus possible à votre situation et à vos valeurs.

Par ailleurs, en montrant à son enfant qu’il existe plusieurs solutions et qu’il peut choisir, nous l’incluons dans son éducation et le rendons plus responsable : il sera moins à même de remettre en cause l’apprentissage du français. Il va se concentrer sur quelle solution est la meilleure pour lui. Le fait de lui donner le choix le met dans une position plus confortable : celle de celui qui prend sa vie en main.

 

Petit à petit

Un changement brutal est souvent la source du problème. Imposer un cours de plusieurs heures par semaine du jour au lendemain sans préparer un minimum votre enfant peut être vécu comme une contrainte et donc mal accepté. Il vaut souvent mieux y aller petit à petit. Commencer par de la lecture régulière en français, puis prendre le temps d’écrire une lettre ou une histoire, ou encore un journal, que sais-je ? Inviter ensuite chaque jour à aller plus loin avec des solutions plus étoffées. C’est ainsi que vous aurez plus facilement l’acceptation de votre enfant.

 

Oubliez la performance !

Nous avons souvent ce besoin de performance : il faut que notre enfant réussisse à tout prix. Mais plus nous mettons d’enjeu derrière le français, plus la pression est forte… et plus les risques d’explosion sont grands. Mettons de côté ses enjeux et concentrons-nous sur le moment présent. C’est en construisant chaque jour un peu et dans un climat serein que l’on arrivera le mieux à inciter notre enfant à apprendre le français.

 

Action !

Ce n’est pas le tout d’avoir sélectionné les bonnes solutions, encore faut-il s’y mettre ! Préparez avec votre enfant un plan d’action. Quand dans son agenda sera-t-il le plus à même de faire du français ? Prenez en compte sa fatigue, sa concentration, son envie et adaptez les activités autour du français selon ces critères.

 

Et ce n’est pas fini : célébrez !!!

Attention, la célébration, ce n’est pas la récompense. La célébration, c’est s’arrêter à un moment et regarder le travail, l’effort, la progression et en tirer satisfaction ! Mettre votre enfant dans cet état d’esprit est primordial : il pourra ainsi apprécier de lui-même là où tous ces efforts l’ont amené.

 

Mission impossible ? Lâchez prise !

Certains enfants sont réellement réfractaires au français, comme d’autres le sont aux mathématiques ou aux sports ! Inutile de vous braquer et plutôt que d’essayer de convaincre continuellement votre enfant, écoutez ce qu’il a à vous dire. Il n’a peut-être pas d’affinité avec cette langue, mais quels autres points d’intérêts le font vibrer ? Parfois, nous parents, devons nous rendre à l’évidence et accompagner du mieux possible notre enfant en respectant ses décisions pour en faire un citoyen responsable, qui assume ses choix de vie.

 

Vous ne pouvez pas contraindre votre enfant à apprendre le français. Personne ne peut décider d’apprendre à sa place. Mais soyez persuadé que votre enfant à une envie très forte : celle de grandir. À nous, parents, de l’écouter, de l’accompagner et de l’inspirer dans cette grande aventure de la vie.


Article écrit pour Expats Parents par Catherine Allibert
Écrivain et accompagnatrice des enfants expatriés dans le monde de la langue française.
Son site : http://www.unehistoiredeninjasetdesamourais.com
« Apprendre le français avec la souplesse du ninja et la rigueur du samouraï ! »

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